Homage à Hubert Damisch

L’« outil » sémiotique, ou l’art de la recherche.

À Hubert Damisch

Tracer d’un trait le sens de son parcours, restituer le profil de l’intellectuel, du chercheur infatigable, ouvert et rigoureux qu’il était serait une entreprise que les quelques lignes qui suivent n’ont pas la prétention d’accomplir. Définir le travail d’Hubert Damisch signifierait d’entrée de jeu circonscrire le champ d’action de qui au contraire n’a cessé d’explorer et de creuser le terrain de l’art dans ses différentes formes (peinture, architecture, photographie, cinéma), en dépit des démarcations disciplinaires.
Ma rencontre avec Hubert Damisch eut lieu tout naturellement, quasiment sans le vouloir, à la faveur de l’intérêt que je portais à la sémiotique de l’art et qui m’amena dès 1994 à suivre les cours, très passionnants, qu’il tenait à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, en même temps que ceux d’autres personnalités (Jacques Derrida, Daniel Arasse…). C’est un an plus tard, lorsque le positionnement institutionnel de la sémiotique de l’art soulevait de plus en plus de doutes, en partie dus au cloisonnement propre aux théories sémiotiques de l’époque, renforcés par ailleurs par les retranchements des écoles sémiotiques entre elles, que, suivant une suggestion d’Arasse, j’ai eu l’honneur de voir mon doctorat accepté par un directeur d’études à qui je n’avais presque pas osé le demander : Hubert Damisch, lui, s’était toujours passé des compartimentages scientifiques. Tôt dans son parcours, il avait endossé la sémiotique comme un « outil » – notion qu’il faudra préciser dans ses propres termes – pour fissurer, puis démanteler les fermetures académiques de l’histoire de l’art.

Qu’on le définisse comme philosophe ou théoricien de l’art, Hubert Damisch était avant tout un penseur et, en tant que tel, il a profondément contribué à penser la sémiotique de l’art, voire à la concevoir dans ses fondements mêmes. Son activité ne se résume certes pas à certaines formules intéressantes qu’on lui reconnaît et qui captent l’attention ces jours-ci – « l’art objet théorique », « le travail de l’art », le « tressage » –, en montrant plutôt la fécondité de l’inspiration que tirent de lui de plus jeunes générations. Présent dès 1974 au premier congrès de l’Association internationale de sémiotique, Damisch s’interrogeait « Sur la sémiologie de la peinture ». Ses investigations portaient sur les concepts mêmes que la sémiotique permettait de formuler, questionner et repenser par rapport à l’art, notamment la perspective, l’abstraction, le geste, le tableau, le voir.

Élève de Maurice Merleau-Ponty et de Pierre Francastel, entré en contact très tôt aux États-Unis avec Meyer Schapiro, il avait élaboré les outils d’une pensée sur l’art en croisant la démarche philosophique avec ses intérêts pour la psychanalyse et le structuralisme, lui permettant d’engager une autre approche de l’histoire de l’art, en réaction à un certain conservatisme. Je renvoie au bel entretien, intitulé « Hors cadre », réalisé par Bernard Vouilloux et Giovanni Careri dans Pespective (1, 2013) où Hubert Damisch raconte dans ses propres mots son expérience. Attentif aux réflexions de Walter Benjamin, il dit notamment rechercher l’historicité d’un signe plastique tel le nuage tout en se méfiant de l’histoire de l’art, la pertinence de cette notion étant à revoir. Son premier ouvrage, Théorie du nuage (1972), résultant de la thèse soutenue en 1970 sous la direction de Gaëtan Picon, témoigne de l’envergure et de la richesse de son approche. Il suffit cependant de relire la version initiale de cette recherche, publiée en 1958 dans la Revue d’esthétique (11/1-2) et intitulée « Un “outil” plastique : le nuage », pour saisir comment l’iconologie du nuage que l’auteur étudie dans la peinture de diverses époques est traversée, voire dépassée par la dimension non-figurative de son objet, au point que la justesse de la démarche iconologique se trouve elle-même remise en question. Plus que simple signe ou élément de la représentation, le nuage a une fonction à la fois « hiérophanique », « structurale », « plastique », autant « symbolique » que « syntaxique » ; l’étude du nuage comme « outil » – ce qui revient à comprendre sa « valeur d’emploi » – fait de lui « un “phénomène esthétique total” ». La disposition phénoménologique dont Damisch se sentait le légataire se reliait ainsi aussitôt à une pensée sémiotique de la complexité. Dans ce même essai de 1958, il écrivait également : « les œuvres exigent de nous un effort de lecture. Elles sont porteuses de significations et de valeurs, nous introduisent à des modes variés de sensibilité, de pensée et d’action, en un mot sont […] le véhicule d’une information qui ne peut être directement traduite dans les termes d’aucun autre langage. » (ibidem, p. 104). L’œuvre, porteuse de significations, était davantage véhicule de sentir, de pensée et d’action. Voilà le projet programmatique d’une recherche qui s’étend sur toute une vie, où aucun raccourci, aucun compromis avec les solutions contemporaines foncièrement linguistiques, n’était admis. L’un des premiers en France à s’être inspiré de Peirce, il évoquera par ailleurs dans des termes similaires, dans « Huit thèses pour (ou contre ?) une sémiologie de la peinture » (1974), le besoin de prendre au sérieux la notion d’hypo-icone.

Par ce dernier texte, Damisch fournissait aussi l’incipit à « la vérité en peinture », mentionnée d’après Cézanne, pour le célèbre essai homonyme de Jacques Derrida. Ses articles – dans l’Encyclopaedia Universalis, Revue d’esthétique, Tel quel, l’Enciclopedia Einaudi, October, Nouvelle revue de psychanalyse, Cahiers pour un Temps du Centre Pompidou, etc. (l’inventaire est à compléter, cf. https://damisch.hypotheses.org/publications) – et ses ouvrages (Ruptures/Cultures, 1976 ; Fenêtre jaune cadmium ou les dessous de la peinture, 1986 ; Le jugement de Pâris. Iconologie analytique 1, 1992 ; Skyline, 1996 ; La dénivelée. À l’épreuve de la photographie, 2001; La peinture en écharpe. Delacroix, la photographie, 2001 ; etc.) ont rapidement fait de lui l’interlocuteur privilégié d’autres savants et spécialistes en France comme à l’étranger, en particulier en Italie, où il voyageait souvent, et aux États-Unis où il avait enseigné. Je mentionne ici rapidement quelques-uns des sujets sémiotiques ayant animé ses réflexions et les débats, assez vifs, dans les années 1970 et 1980 : l’interprétation (voir l’article « Le gardien de l’interprétation », Tel Quel, 44, 1971); la relation entre « La partie et le tout » (Revue d’esthétique, 2, 1970), étudiée aussi par le structuralisme et la théorie greimasienne, mais qui pour Damisch se reliait à la notion de signe révélateur dans les théories de Giovanni Morelli sur l’art et de Freud en psychanalyse, en préparant ainsi le terrain à la distinction d’Omar Calabrese entre le détail-particolare et le détail-dettaglio, voire au livre Le détail de Daniel Arasse ; enfin la question du miroir, explorée notamment par Umberto Eco, et que Damisch, en même temps que le Louis Marin de Détruire la peinture, mais autrement que celui-ci, travaillait en termes psychanalytiques à partir d’un tableau du Caravage.
Sur ce dernier point, il est intéressant de remarquer comment la question du reflet spéculaire entraîne, pour Damisch, une réflexion sur le pli. Lors de la reformulation de ses recherches iconologiques sur la représentation du Narcisse (voir ses deux essais « D’un Narcisse l’autre », Nouvelle revue de psychanalyse, 13, 1977, repris dans J. B. Pontalis (dir.), Narcisses, 2000, et « Narcisse Baroque ? » dans AAVV, Puissance du Baroque, 1996), Damisch introduit en fait la notion de pli à partir de l’ouvrage de Gilles Deleuze sur Leibniz et le baroque : par l’observation d’un tableau et de ses plissements Damisch préconisait alors une analyse morphodynamique de la peinture.

De la multitude des nuances à l’œuvre – autrement dit en termes deleuziens, des différentiels qui articulent la complexité– le style d’Hubert Damisch se faisait charge. Que l’on relise ses longues phrases de l’un de ses ouvrages majeurs, L’origine de la perspective (1987), ou l’un quelconque de ses essais, le lecteur est saisi par les tournures de sa réflexion, par les argumentations capables de contenir, dans des incises s’emboîtant sans cesse, sinon des éléments contraires, les points d’inflexion de son propre discours, voire les moments de bifurcation assumés par sa pensée. Pareillement, à l’oral dans ses cours, Damisch levait parfois les jeux de son texte préparé sur des pages rigoureusement jeunes et, en tournant la bague dans sa main au doigt amputé comme pour accompagner la circulation des concepts, exprimait toutes les hésitations et les facettes à retenir pour que sa pensée ne devienne pas trop assertive. Esquivant la généralité des affirmations, autant que l’improvisation dans son discours (ses cours, qu’il ne souhait pas voir enregistrés près de son bureau, ne laissaient quasiment nulle place aux questions, tellement il s’en posait lui-même), il élaborait, au sens analytique du terme, un mode d’expression visant à rendre, avec toute la force littéraire par laquelle le langage révélait sa seule et vraie complicité, la dimension qualitative d’une pensée en art.
Peut-être serait-il opportun de rapprocher le regard prêté à la complexité des phénomènes de ses belles pages sur l’aspect, notion qu’il abordait non pas en termes sémiolinguistiques d’aspectualité mais, si l’on force la comparaison avec la grammaire du temps verbal, plutôt en termes de modalité d’action. Dans son Traité du trait. Tractatus tractus (1995), Damisch dépeint le réseau des codéterminations dont un trait relève (la direction, l’épaisseur, la disposition de ses hachures, la façon dont le grain de papier peut concourir à la qualité de l’ensemble, la façon dont celui-ci prend un sens dans l’imaginaire, etc.) et, faisant coexister d’un coup sous un même concept à la fois Sartre et Wittgenstein, indique dans l’aspect la modalité de voir activée en regardant le trait. « Un aspect est tout le contraire d’une chose, pris qu’il est dans un réseau de déterminations dans lequel il est impossible de distinguer entre ce qui serait de l’ordre du “voir” et de celui de l’imagination, du “voir” et de l’interprétation, du “voir” et du savoir, du “voir” et du concept. » (ibidem, p. 89).

De sa vaste production scientifique Damisch ne parlait pas dans nos rencontres pour mon doctorat. Jamais il ne fit référence à ses écrits. Il n’était d’ailleurs pas toujours aisé d’échanger avec lui, malgré sa bienveillance, car un non-dit s’imposait bien au-delà de son sérieux exigeant, au risque d’égarer ses étudiants : il refusait d’exercer toute orientation académique au sens le plus fruste. Plus tard enseignante, j’ai compris le bien-fondé de son attitude apparemment anti-didactique : la recherche s’appréhende par la recherche. Le doctorat fini, j’ai commencé à fouiller davantage suivant les remarques avec lesquelles il avait accompagné et soutenu mon doctorat sans vouloir le diriger. Je retrouve à ce jour dans le commentaire qu’il avait rédigé pour le rapport du jury sur ma thèse, sa réaction à mon idée d’utiliser la sémiotique comme un outil de recherche. Sa réaction, répondant précisément aux problématiques qui étaient les miennes, me semble illustrer aussi un aspect majeur de sa pensée sur la sémiotique de l’art, ainsi que du patrimoine que les recherches d’Hubert Damisch continuent à nous transmettre :
« Dans la réflexion que l’on peut conduire dans le champ esthétique, la sémiotique ne nous fournit pas seulement un outil dont on pourrait user en concurrence avec d’autres, pour mieux cerner ce qu’il en est de l’objet “art”. Elle répond à une exigence de conceptualisation d’autant plus manifeste que par-delà le projet saussurien, elle en vient à se collecter avec des formes de pensée qui n’en passeraient pas ou plus seulement par le langage ou tel ou tel système de signes. »

Stefania Caliandro

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The Third Conference of the International Association for Cognitive Semiotics (IACS3 – 2018)

The International Association for Cognitive Semiotics

in cooperation with OCAD University and Ryerson University

is pleased to announce

The Third Conference of the International Association for Cognitive Semiotics (IACS3 – 2018)

July 13–15, 2018

Toronto, Ontario, Canada

iacs-2018.org

Contacts

Peter Coppin <pcoppin@faculty.ocadu.ca>

Jamin Pelkey <jpelkey@ryerson.ca>

Plenary speakers confirmed (as of August 15, 2017)

John M. Kennedy • University of Toronto

Kalevi Kull • University of Tartu

Maxine Sheets-Johnstone • University of Oregon

Conference Theme: MULTIMODALITIES

This non-restrictive theme is intended to encourage the exploration of pre- linguistic and extra-linguistic modes of semiotic systems and meaning construal, as well as their intersection with linguistic processes.

Cognitive Semiotics investigates the nature of meaning, the role of consciousness, the unique cognitive features of human beings, the interaction of nature and nurture in development, and the interplay of biological and cultural evolution in phylogeny. To better answer such questions, cognitive semiotics integrates methods and theories developed in the human, social, and cognitive sciences.

The International Association for Cognitive Semiotics (IACS, founded 2013) aims at establishing cognitive semiotics as a trans-disciplinary study of meaning. More information on the International Association for Cognitive Semiotics can be found at http://iacs.dk

The IACS conference series seeks to gather together scholars and scientists in semiotics, linguistics, philosophy, cognitive science, psychology and related fields, who wish to share their research on meaning and contribute the interdisciplinary dialogue.

Topics of the conference include (but are not limited to):

  • Biological and cultural evolution of human cognitive specificity
  • Cognitive linguistics and phenomenology
  • Communication across cultural barriers
  • Cross-species comparative semiotics
  • Evolutionary perspectives on altruism
  • Experimental semiotics
  • Iconicity in language and other semiotic resources
  • Intersubjectivity and mimesis in evolution and development Multimodality
  • Narrativity across different media
  • Semantic typology and linguistic relativity
  • Semiosis (sense-making) in social interaction
  • Semiotic and cognitive development in children Sign use and cognition
  • Signs, affordances, and other meanings
  • Speech and gesture
  • The comparative semiotics of iconicity and indexicality
  • The evolution of language

We invite abstract submissions for theme sessions, oral presentations and posters. Please select your chosen format along with your submission.

Submission Guidelines and Formats

  1. Theme sessions (deadline: 15 Nov 2017)
  • Submit session title, name and affiliation of convener; input brief session abstract (150 words); upload session introduction of up to 400 words explaining the theme, plus all full-length abstracts in suitable order.
  • Sessions may consist of 3–5 papers (90–150 min.) and should alow time for general discussion. Papers in each theme session should be thematically linked.
  • Submission should also indicate whether a session not accepted as a whole should have each abstract reconsidered as individual presentations (oral or poster).

2. Oral presentations (deadline: 5 Dec 2017)

  • Submit title, name, affiliation, key terms; input brief abstract (150 words); upload full abstract (300–400 words).
  • Prepare a 20-minute presentation followed by 7 minutes of discussion

3. Posters (deadline: 5 Dec 2017)

  • Submit title, name, affiliation, key terms; input brief abstract (150 words); upload full abstract (250–300) words.
  • Prepare a 1-minute oral presentation in the main lecture hall, preceding the poster session.

All full abstracts should be uploaded as .doc, .docx, .rtf, .pdf, or .odt, attachments using EasyChair: https://easychair.org/conferences/?conf=iacs32018

In order to submit an abstract you must use your existing EasyChair account or register using the link above. Further instructions can be found on the EasyChair site and on the IACS 2018 conference website: iacs-2018.org

Post-Conference Publishing Opportunities

Two publication outlets are reserved in advance for revised IACS3 papers following the conference.

Please contact Jamin Pelkey <for more information about either of these two opportunities.

Important Dates

  • Deadline for submission of theme sessions: 15 Nov 2017
  • Deadline for abstract submission (oral presentations, posters):05 Dec 2017
  • Notification of acceptance (oral presentations, posters): 15 Feb 2018
  • Last date for early registration: 05 May 2018

About OCAD University (OCAD U) and Ryerson University:

OCAD University is a historic art and design university with a student body of 6,000, next-door to the colossal Art Gallery of Ontario and a few blocks east of Chinatown; Ryerson is an vibrant, city-centric university with a student body of 39,000 skirting Dundas Square (Toronto’s response to Times Square) and environs.

Questions? Please do not hesitate to contact the organizers: pcoppin@faculty.ocadu.ca • jpelkey@ryerson.ca

deSignis — Publicación de la Federación Latinoamericana de Semiótica

CALL FOR PAPERS

deSignis reconoce el protagonismo de la tecnología en contextos de la comunicación, lo social y lo cultural en los ambientes virtuales contemporáneos del ciberespacio. Por ello, dedica un número monográfico al tema de la CIBERCULTURAS en 2018. En estos momentos lanza un Call for Papers para el envío de trabajos que aborden el tema de las ciberculturas a través de una mirada semiótica. Los trabajos sometidos para el número deben atender las maneras complejas en las que la tecnología y los nuevos medios sociales de comunicación en el ciberespacio, constituyen sistemas de significación y reestructuran la vida social, económica, política y cultural. El número pretende ofrecer una visión general de la investigación semiótica actual y las contribuciones teóricas desde la semiótica al tema de la cibercultura. Algunas de los temas particulares para estudiar a partir de los diversos abordajes de la semiótica serían: la(s) cultura(s) del Internet; el/los lenguaje(s) del ciberespacio; las identidades y comunidades en el ciberespacio; la cultura en el ciberespacio; los procesos de educación en el ciberespacio, los procesos de semiosis en entornos virtuales, entre otros.

Los manuscritos seguirán cabalmente las normas de publicación que se encuentran en el portal de Internet de deSignis: http://www.designisfels.net/guia-de-redaccion.html . La fecha límite para recibir los manuscritos es 20 de diciembre de 2017. Los trabajos se enviarán al coordinador del número Dr. Eliseo R. Colón Zayas, eliseo.colon@upr.edu .

Call for Abstracts: Image Evolution. Technological Transformations of Visual Media Culture

Deadline for Abstracts: November 5, 2017
Deadline for Articles: May 27, 2018

The double-blind peer-reviewed Yearbook of Moving Image Studies (YoMIS) is now accepting abstracts from scientists, scholars, artists, film makers, game designers or developers for the fourth issue entitled »Image Evolution. Technological Transformations of Visual Media Culture«. YoMIS will be enriched by disciplines like media and film studies, image science, (film)philosophy, phenomenology, semiotics, design and fine arts, art and media history, game studies and other research areas related to static, moving and digital images in general.

The history of images can be described as a history of technology and mediality, because material transformations have always had a great impact on form, structure or content of mediatized and often multimodal representations. It took many years from the origin of images in the caves of our prehistoric ancestors to the interactive, arithmetic and highly immersive images of the digital age. This development always seemed to be deeply rooted in the potentials of media technologies and the numerous human inventions in the range of traditional craftsmanship, engineering science, computer science, and art and design. This perspective is the beginning of an autonomous media theory, whether if it starts with leading thinkers like Walter Benjamin or Marshal McLuhan. Nowadays, these academic discourses would surely work with more profound and more detailed analytical tools and concepts.

But also a modern media theory that analyzes describes and characterizes technological transformations surely receives new insights. The factual embedding of images in the historical-technological processes constitutes a complex structure of an autonomous »Image Evolution« that must be highlighted, characterized and analyzed by the interdisciplinary academic discourses that are related to the functions and structures of visuality, pictoriality and forms of multi-sensoric representations.

The chosen term »Evolution« is deliberately indicating structural laws that underlie historical events. These laws are not teleological or ontological driven, but more intentional and logical processes of an historical and technological interdependency. In this interdependency, the technology is evolving out of its inherent structures and additionally embedded in anthropological conditions and sociocultural dynamics. In this context, we should work with the concept of an »Image Evolution«.

The editors of YoMIS would like to understand images as visual, and further multi-sensoric, artifacts that are historically and technologically embedded within the ‘developments’ and ‘relations’ of materiality, mediality and reception. Beside the integration of this different aspects the issue is also expanding the time frame of the research topic: The development of mediality is not only a project for media historiographies in the context of a media archaeology, but also connected with the logic of recent developments in the context of prototypes, future ideas and innovations.

Topics of submissions should focus on (but are not necessarily limited to) the materiality and technology of images and media, the academic approaches on the history and logic of image evolution and media developments, the processes of creating or programming digital images, and the material and technological effects on the reception of dynamic representations, the multi-sensoriality of static, moving and digital images, which goes beyond pure visuality, and a specific focus on the historical, cultural and transformational impact of prototypes, prototype research and future innovations.

The official deadline for abstracts is November 5, 2017. Abstracts should be 800 to 1.000 words in length (not less). Please send a short biography, contact details and your abstract to Prof. Dr. Lars C. Grabbe, Prof. Dr. Patrick Rupert-Kruse and Prof. Dr. Norbert M. Schmitz via: kontakt@bewegtbildwissenschaft.de.

The official deadline for articles is May 27, 2018. Articles should be 5.000 to 8.000 words in length. If you are interested in contributing an abstract and article, please contact the managing editors via e-mail.

Call for Papers of the journal Cognitive Semiotics

Call for Papers: Cognitive Semiotics

Cognitive Semiotics, published by Mouton de Gruyter, is a platform for the study of meaning-making writ large, as it is manifested in our interactions with the surroundings in all domains, in the natural as well as in the social world, in language and other semiotic resources, as well as in perception, and in action.

We invite all submissions which in one way or other combine the inspiration from semiotics, cognitive science and/or cognitive linguistics, broaching theoretical issues, realizing experimental studies, or anything in-between.

Starting in 2018, the journal will publish one thematic issue each year, whereas the other issue will be open to all contributions of relevance to the study of cognitive semiotics. The second issue may however contain thematic dossiers.

Call for Proposals of Thematic Issues or Dossiers:

The editors of Cognitive Semiotics welcome proposals for special issues or dossiers that integrate perspectives, methods, and insight from cognitive science, cognitive linguistics and semiotics for its forthcoming publication schedule. If you have a particular theme of relevance to the mission of the journal, the editors are eager to discuss possibilities for running a special issue as early as the spring issue of 2018, or beyond.

Please address a brief (approx. 1 page) proposal to Peer Bundgaard, Editor-in-Chief, copying Göran Sonesson and Todd Oakley, Associate Editors (addresses below). Special issue proposals should contain a description of the theme and a statement of relevance to the journals research mission, along with either 1) a list of prospective contributors with attached abstracts, 2) a plan for soliciting contributions, or 3) some combination of confirmed contributors and abstracts and plan for solicitation.

The editor-in-chief and associate editors will work closely with the special issue editors on matters pertaining to solicitation, peer review, copy editing, and publicity. Inquiries and proposals are to be sent to the following addresses:

Peer Bundgaard <sempb@cc.au.dk>

Göran Sonesson <goran.sonesson@semiotik.lu.se>

Todd Oakley <todd.oakley@case.edu>

Signata 1-6 désormais en ligne

Le comité de direction de la revue Signata Annales des sémiotiques/ Annals of Semiotics a le plaisir de vous annoncer que la revue débute une nouvelle vie sur la plateforme Revues.org, grâce à une fructueuse collaboration entre les Presses universitaires de Liège et OpenEdition.
Les numéros 1-6 sont publiés en libre accès à cette adresse : http://signata.revues.org. Les numéros suivants seront disponibles avec une barrière mobile d’un an.
Bonne lecture.

Avec nos meilleures salutations,
Signata

1 (2010) / Cartographie de la sémiotique actuelle / Mapping Current Semiotic http://signata.revues.org/272
2 (2011) / La sémiotique, entre autres / Semiotics, among others
http://signata.revues.org/516
3 (2012) / L’institution de la sémiotique : recherche, enseignement, professions / The institution of Semiotics: Research, Teaching, Professions
http://signata.revues.org/772
4 (2013) / Que peut le métalangage ? / What can metalanguage do?
http://signata.revues.org/539
5 (2014) / Littérature et sémiotique : histoire et épistémologie / Literature and Semiotics: History and Epistemology
http://signata.revues.org/428
6 (2015) / Sémiotique de la musique / Music and meaning
http://signata.revues.org/1040